Sat Sep 2, 2017 6:31PM
Birmanie : un génocide horrible
Birmanie : un génocide horrible
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Au Myanmar, la situation des musulmans ne cesse de s’aggraver. Près de 400 personnes, majoritairement des civils rohingyas, ont été tuées depuis le début, il y a une semaine, de la nouvelle vague de violences de l’armée birmane contre les musulmans rohingyas. Plus de 27 000 personnes ont trouvé refuge au Bangladesh voisin, tandis que 20 000 sont toujours bloquées à la frontière, selon les chiffres de l’ONU.

Au cours des derniers jours, la répression menée par l’armée contre les musulmans a poussé des dizaines de milliers de civils à fuir vers le Bangladesh. Nombre de Rohingyas tentent leur chance sur des rafiots de pêche à travers la rivière Naf, qui marque une frontière naturelle entre la Birmanie et la pointe sud-est du Bangladesh. Les gardes-côtes du Bangladesh ont découvert ces derniers jours les corps sans vie de 20 Rohingyas, parmi lesquels de nombreux enfants, dont les bateaux ont chaviré alors qu’ils fuyaient les violences en Birmanie.

Plus de 400 000 réfugiés rohingyas se trouvent déjà au Bangladesh après avoir fui des vagues de violences précédentes.

Des milliers d’entre eux ont également fui le pays ces dernières années par la mer pour rejoindre la Malaisie ou l’Indonésie.

Considérés comme des étrangers en Birmanie, les Rohingyas sont victimes de multiples discriminations — travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, règles de mariage injustes et confiscation des terres.

Ils n’ont pas accès au marché du travail, aux écoles, aux hôpitaux et la montée de l’extrémisme bouddhiste ces dernières années a attisé l’hostilité à leur encontre. En octobre dernier, l’armée birmane a lancé une grande offensive contre les civils musulmans dans le nord de l’État de Rakhine.

La pression internationale est pourtant chaque jour un peu plus forte sur la Birmanie. Les Nations unies ont appelé la Birmanie à protéger les civils. Le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a estimé mardi que des décennies de violations « systématiques » des droits des musulmans rohingyas étaient à l’origine de la flambée de violences en Birmanie que les autorités auraient pu empêcher.

Les Rohingyas sont stigmatisés depuis des décennies dans le pays, où la nationalité birmane leur est refusée. L’ONU les considère comme « la minorité la plus persécutée du monde ». Il y a un an, le représentant de l’ONU au Bangladesh avait parlé de « nettoyage ethnique » concernant les Rohingyas en Birmanie.

Pierre Dortiguier, analyste politique, et Philippe Hugon, reporter de guerre, participent à cette émission.