Sat Aug 12, 2017 1:18PM
Cette photo montre un soldat sud-coréen passant devant un écran de télévision à Séoul le 9 août 2017, où le présentateur parle de la menace nord-coréenne contre la base américaine à Guam. ©AFP
Cette photo montre un soldat sud-coréen passant devant un écran de télévision à Séoul le 9 août 2017, où le présentateur parle de la menace nord-coréenne contre la base américaine à Guam. ©AFP

Le langage dur de Donald Trump envers la Corée du Nord n’a pas de longs antécédents. Une autorité du renseignement américain affirme que la Corée du Nord a déjà fabriqué des armes nucléaires antimissiles ; or, le président Trump a averti que la Corée du Nord serait accueillie avec « le feu et la fureur », si elle menaçait les États-Unis.

L’agence de presse iranienne Arya relate, à ce sujet, un article signé Avner Golov, paru le jeudi 10 août sur le site du journal israélien Haaretz.

Depuis que Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche le 20 janvier 2017, Pyongyang a recouru à 16 essais balistiques, précise l’article. Les deux derniers étaient des missiles à longue portée qui, vraisemblablement, peuvent atteindre le territoire américain. Selon un récent rapport du Washington Post, l’Agence du renseignement de la défense des États-Unis (Defense Intelligence Agency, DIA), Pyongyang a réussi à mettre au point une ogive nucléaire miniaturisée qui peut être logée dans ses missiles. À cette nouvelle, Donald Trump a réagi en disant que si la Corée du Nord continue de menacer les États-Unis, elle devra affronter « un feu et une fureur que le monde n’a jamais connus ».

D’après Haaretz, les défis auxquels sont confrontés actuellement les États-Unis en rapport avec le programme nucléaire nord-coréen feraient écho à leur rapport au Plan global d’action conjoint (accord sur le nucléaire iranien), signé en 2015 entre Téhéran et le groupe des 5+1.

« En fait, la campagne lancée contre la Corée du Nord n’est pas seulement une importante opportunité pour apprendre comment empêcher une bombe atomique iranienne, mais aussi, elle pourrait redéfinir la situation de Washington face à l’Iran, une fois que les restrictions sur le programme nucléaire iranien auront diminué. »

Le journal Haaretz prétend qu’aujourd’hui, la stratégie dominante face aux aspirations nucléaires nord-coréenne et iranienne consiste à les convaincre que leur programme nucléaire pourrait mettre en péril leur existence et qu’ils devraient donc renoncer à leurs aspirations.

« Mais le cas de la Corée du Nord laisse d’ores et déjà envisager que le poids des États-Unis face à l’Iran va s’affaiblir. »

Selon Haaretz, si la campagne contre la Corée du Nord échoue, cela transmettra le message aux Nord-Coréens qu’ils ne risqueraient rien en essayant de se doter de l’arme atomique. Au contraire, ils pourraient en conclure que l’arme atomique les protégerait face aux menaces étrangères, précise le journal, ajoutant que la menace nord-coréenne pourrait d’ailleurs reléguer au second plan d’autres menaces comme celle de l’Iran.

Bref, même si le président américain dispose de plans pour faire face à la présence et l’influence iraniennes au Moyen-Orient, il aura un temps et des moyens bien limités pour les réaliser, conclut le journal israélien Haaretz.