Sat May 13, 2017 2:52PM
La bataille des legislatives commence
La bataille des legislatives commence
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À peine élu à la tête de la France, Emmanuel Macron se lance dans la bataille cruciale des législatives des 11 et 18 juin, dans lesquelles la droite espère prendre sa revanche, la gauche espère éviter la déroute et l’extrême droite espère faire une entrer en force à l’Assemblée.

Pour gouverner, le jeune centriste pro-européen, qui a remporté la présidentielle avec 66 % des voix face à l’extrême droite, a besoin d’une majorité claire à l’Assemblée : les députés doivent en effet voter pour la confiance au nouveau Premier ministre et au gouvernement formé dans la foulée des élections.

Emmanuel Macron, qui a connu une ascension fulgurante alors qu’il était encore inconnu il y a trois ans, fait le pari que les Français lui donneront une majorité, comme ils l’ont toujours fait avec un nouveau chef d’État. « Cette majorité pour le changement, c’est ce à quoi le pays aspire et c’est ce qu’il mérite », a-t-il assuré dimanche soir.

Mais toute projection est périlleuse, du fait de la recomposition politique en cours, des jeux d’alliance et ralliements possibles jusqu’à la date limite de dépôt des candidatures le 19 mai et du mode de scrutin qui permet à plus de deux candidats d’être qualifiés au second tour s’ils ont obtenu suffisamment de suffrages au premier tour, à la différence de la présidentielle.

Le nouveau président a promis de dévoiler « en tout début de semaine » ses candidats dans les 577 circonscriptions, promettant que la moitié seront des nouveaux venus en politique, issus de la société civile.

Outre l’accord avec le vétéran centriste François Bayrou, il tente de débaucher des personnalités du parti socialiste ou de la droite, qui se présenteraient sous l’étiquette de la « majorité présidentielle ».

La composition du gouvernement intérimaire, qui doit être annoncée après son investiture, influencera aussi les électeurs pour ce scrutin souvent qualifié de « troisième tour » décisif de la présidentielle.

Emmanuel Macron doit « impérativement tendre la main » et montrer des « gestes » aux électeurs de la droite et du centre, a estimé l’ancien ministre de droite Bruno Le Maire, qui a fait une offre de service dès dimanche soir.

Mais la défaite au premier tour des partis traditionnels de gauche et de droite n’augure pas forcément la défaite de leurs élus, enracinés localement.

Les Républicains espèrent obtenir une majorité aux législatives, imposer une cohabitation et obliger le président à désigner un Premier ministre de leur camp. « Macron est un colosse aux pieds d’argile, élu sans envie ni enthousiasme », juge le vice-président des Républicains Laurent Wauquiez. De son côté, l’extrême droite espère bénéficier de la dynamique de la présidentielle, qui a permis à Marine Le Pen d’obtenir 10,6 millions de voix au second tour, un record.

Le Front national se voit déjà comme « le premier parti d’opposition », mais rien ne permet de dire s’il pourra obtenir assez de sièges à l’Assemblée, le mode de scrutin majoritaire à deux tours lui restant défavorable. Il ne compte actuellement que deux députés.

Mohamed Tahiri, membre de l’UPR et Laurent Ozon, journaliste indépendant débattent à ce sujet.