Wed Apr 12, 2017 2:12PM
Le terrorisme frappe de nouveau l’Égypte
Le terrorisme frappe de nouveau l’Égypte

L’Égypte a été touchée dimanche 9 avril par deux actes terroristes revendiqués par Daech. Une première explosion a eu lieu dans une église à Tanta et fait 27 morts et 78 blessés. Peu après, une deuxième explosion survenait à Alexandrie, dans une église copte avec pour bilan 16 morts et 41 blessés. Deux nouvelles attaques qui viennent étoffer la trop longue liste d’attentats de ces dernières semaines.


Aussitôt après ces attentats particulièrement meurtriers, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré l’état d’urgence pour trois. Le président al-Sissi a affirmé que la déclaration de l’état d’urgence visait à assurer la sécurité et empêcher toute éventuelle action terroriste. Il a également rassuré que les forces de sécurité égyptiennes avaient redoublé d’efforts pour identifier les auteurs des attentats.
Ces violences sont survenues à quelques semaines de la visite du pape catholique François, qui a décidé néanmoins de maintenir son déplacement au Caire les 28 et 29 avril.
Ces attentats en chaîne qui frappent la sécurité de l’État et remettent en cause l’efficacité des forces de sécurité égyptiennes sont également intervenus après la ferme condamnation du président égyptien, qui a eu le courage de ramer à contre-courant des autres pays de la Ligue arabe en « dénonçant les frappes balistiques américaines du vendredi 7 avril » contre la base aérienne syrienne à Homs. Il les a condamnées comme une action « violant le droit international et remettant en cause la vraie lutte contre le terrorisme. »
Parallèlement, Israël cherche à s’infiltrer dans le Sinaï, sous prétexte de combattre les groupes terroristes. Et le moment semble être bien choisi pour le faire, le groupe terroriste Daech ayant revendiqué les explosions de dimanche en Égypte déjà aux prises depuis quelques mois avec un vide sécuritaire sérieux.
Il faudrait pourtant être naïf pour accepter les allégations israéliennes au sujet de la lutte contre le terrorisme. L’appui israélien aux terroristes au Golan occupé au cours du conflit syrien est de notoriété publique. Pas mal de blessés du Front al-Nosra (rebaptisé Fatah al-Cham) ont reçu des traitements médicaux en Palestine occupée et à tout cela s’ajoute un long antécédent de terrorisme d’État pratiqué contre les Palestiniens.
En outre, cette volonté d’alimenter le sentiment d’insécurité pour provoquer le chaos, tout en essayant de déstabiliser le pays en y attisant les tensions communautaires entre les différentes composantes de la société, rappelle la vieille stratégie sournoise de l’entité sioniste.

 

L’analyste égyptien des questions internationales, Said Zulficar et Habib Tawa, journaliste s’expriment sur le sujet.